En résumé
L'interphone en copropriété se divise en deux : la platine extérieure et le câblage sont des parties communes (payées par tous les copropriétaires au prorata des tantièmes), le combiné intérieur est une partie privative. Un simple dépannage, comme un remplacement à l'identique, relève de la conservation de l'immeuble : le syndic peut décider seul, sans vote obligatoire. En revanche, une installation nouvelle ou un remplacement avec amélioration (passage à un visiophone, changement de technologie) se vote en AG à la majorité de l'article 25 (loi du 10 juillet 1965). Comptez environ 1 500 à 6 000 € selon la technologie (audiophone, visiophone, interphone connecté) et le nombre de logements.
Qu'est-ce qu'un interphone en copropriété et à quoi sert-il ?
Un interphone (aussi appelé portier audio) est un système de communication qui relie l'entrée d'un immeuble collectif à chaque appartement. Il permet à un occupant d'identifier un visiteur, de lui parler à distance, puis de déclencher l'ouverture de la porte sans descendre. Quand une caméra est ajoutée à la platine de rue, on parle de visiophone (ou vidéophone) : le résident voit son visiteur avant d'ouvrir.
Dans un immeuble en copropriété, l'interphone remplit trois fonctions : sécuriser l'accès aux parties communes, filtrer les entrées (démarchage, intrusions) et offrir un confort d'usage à tous les occupants. C'est aujourd'hui l'un des premiers équipements de sécurité attendus dans une résidence, au même titre que la porte du hall ou l'éclairage.
Interphone : partie commune ou partie privative ?
C'est la question centrale, car elle détermine qui décide et qui paie. L'interphone d'un immeuble collectif est un équipement mixte, réparti entre deux catégories.
| Élément | Nature | Qui en a la charge |
|---|---|---|
| Platine de rue (boîtier extérieur, boutons, micro, caméra) | Partie commune | Le syndicat des copropriétaires |
| Câblage, alimentation, gâche électrique, centrale | Partie commune | Le syndicat des copropriétaires |
| Combiné intérieur (dans l'appartement) et étiquette nominative | Partie privative | Le copropriétaire du lot |
Autrement dit, tout ce qui est mutualisé (la platine, le réseau, la gâche de la porte du hall) appartient à la copropriété. Ce qui est situé à l'intérieur du logement et ne sert qu'à un seul lot (le combiné mural) est privatif. Attention : le règlement de copropriété peut préciser ou nuancer cette répartition. En cas de doute, c'est toujours lui qui fait foi.
À retenir
La platine extérieure sécurise l'immeuble entier : ses frais sont répartis entre tous les copropriétaires au prorata des tantièmes, y compris pour les lots (garage, cave, local commercial) qui n'ont pas de combiné, car l'équipement bénéficie à tout l'immeuble.
Qui paie l'interphone en copropriété ?
La règle découle directement de la distinction commune / privative. Voici comment se répartissent les coûts selon la situation.
| Situation | Qui paie |
|---|---|
| Installation ou remplacement du système complet | Tous les copropriétaires, au prorata des tantièmes |
| Réparation de la platine extérieure / du câblage | La copropriété (charges communes) |
| Contrat d'entretien annuel | La copropriété (charges communes) |
| Remplacement du combiné intérieur | Le copropriétaire du lot concerné |
Locataire ou propriétaire : qui paie la réparation ?
Quand un logement est loué, la question se pose entre bailleur et locataire. La règle vient du décret du 26 août 1987 sur les réparations locatives : l'entretien courant et les menues réparations du combiné intérieur (remplacement du micro-casque abîmé par un mauvais usage, étiquette) sont à la charge du locataire. En revanche, le remplacement pour vétusté ou une panne indépendante de l'usage relèvent du propriétaire bailleur. Les charges d'entretien de la partie commune (contrat de maintenance de la platine) figurent parmi les charges récupérables, donc refacturables au locataire via les charges.
Pour calculer précisément la quote-part de chaque lot sur les frais communs, un outil dédié fait gagner du temps : notre calculateur de charges par tantièmes répartit automatiquement une dépense entre tous les copropriétaires.
Comment voter le remplacement de l'interphone en AG ?
Tout dépend de la nature de l'intervention. La confusion la plus fréquente consiste à croire qu'il faut systématiquement une AG. Ce n'est pas le cas.
1. Dépannage et menue réparation : pas de vote
Réparer un bouton défectueux, refaire une soudure, remplacer une gâche : ces actes entrent dans la mission d'entretien courant du syndic. Il peut les engager seul, sans passer par l'assemblée générale, dans la limite de son budget de fonctionnement.
2. Remplacement à l'identique : conservation, pas de vote obligatoire
Remplacer un interphone hors service par un modèle équivalent est un acte de conservation de l'immeuble : le syndic peut le décider seul, sans vote obligatoire de l'AG. En pratique, dès que la dépense est significative, il l'inscrit tout de même à l'ordre du jour pour engager le budget en toute transparence avec les copropriétaires.
3. Installation nouvelle ou amélioration : vote à l'article 25
Installer un interphone là où il n'y en avait pas, ou passer d'un audiophone à un visiophone ou à un système avec contrôle d'accès, est une amélioration de l'équipement commun. Elle se vote à la majorité absolue de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (majorité de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents).
Le passage par l'article 25-1 si le vote échoue
Si la résolution recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolue, l'AG peut procéder immédiatement à un second vote à la majorité simple de l'article 24 (majorité des présents et représentés). Cette passerelle de l'article 25-1 évite de reporter le projet à l'année suivante.
Le contrat d'entretien, lui, se vote à la majorité simple de l'article 24. Pour être valablement adopté, il doit être inscrit à l'ordre du jour de la convocation, accompagné de plusieurs devis ou projets de contrat, envoyés au moins 21 jours avant l'AG. Pour tout savoir sur le déroulé d'une assemblée, consultez notre guide sur les règles de l'assemblée générale de copropriété, ainsi que le détail de l'article 25 et de l'article 24.
Combien coûte un interphone en copropriété ? Prix 2026
Le budget dépend de trois facteurs : la technologie choisie (audio, vidéo, connecté), le nombre de logements à raccorder et surtout la présence ou non d'un câblage existant. Reprendre le câblage de zéro (percements, tirage de câbles dans les gaines) représente souvent la moitié de la facture. Voici des fourchettes indicatives, pour un petit immeuble.
| Type de système | Fourchette de prix (fourniture + pose) | Pour qui |
|---|---|---|
| Audiophone (audio seul) | 1 500 à 3 000 € | Budget serré, remplacement simple |
| Visiophone (audio + vidéo) | 3 000 à 6 000 € | Sécurité renforcée, confort |
| Interphone connecté / GSM (renvoi sur smartphone) | 4 000 à 8 000 € et plus | Copropriétés modernes, sans combiné à installer |
| Remplacement d'un combiné intérieur seul | 80 à 250 € | À la charge du copropriétaire |
Ces montants sont indicatifs. Pour un immeuble d'une dizaine de logements, une installation vidéo complète avec reprise du câblage peut approcher 8 000 à 10 000 €. Demandez toujours au moins trois devis détaillés avant de trancher, et intégrez le coût au budget prévisionnel de la copropriété.
Les types d'interphones pour immeuble collectif
Le marché propose aujourd'hui quatre grandes familles de solutions, du plus simple au plus évolué.
Interphone filaire
La solution classique et la plus fiable dans la durée. Chaque combiné est relié à la platine par un câble. Idéal quand le câblage existe déjà. Inconvénient : lourd à installer dans un immeuble ancien sans gaines.
Interphone sans fil
Les combinés communiquent par ondes radio avec la platine. Installation rapide, sans travaux de câblage lourds. À réserver aux petites structures : la portée et la fiabilité peuvent baisser dans les immeubles à forte épaisseur de murs.
Interphone GSM
La platine utilise une carte SIM pour appeler directement le téléphone de l'occupant. Aucun combiné à poser dans les logements, et l'ouverture peut se faire à distance. Prévoir un abonnement mobile annuel pour la carte SIM.
Interphone connecté (IP / smartphone)
Relié à Internet, il renvoie l'appel et l'image sur une application mobile. L'occupant répond et ouvre où qu'il soit. Confort maximal, mais il dépend d'une bonne connexion : la fibre optique dans la copropriété facilite ce type d'installation.
Entretien, pannes et contrat de maintenance
Un interphone est un équipement soumis à l'usure (intempéries sur la platine, oxydation des contacts, usure des boutons). Deux approches coexistent.
Le dépannage au coup par coup
En cas de panne isolée, le syndic fait intervenir un professionnel sans décision d'AG : c'est un acte de gestion courante. La marche à suivre pour l'occupant :
- 1. Signalement écrit au syndic (courriel ou courrier), en décrivant précisément la panne et sa date.
- 2. Le syndic déclenche l'intervention dans un délai raisonnable, apprécié selon l'urgence : un accès qui ne verrouille plus (porte du hall qui reste ouverte) est prioritaire et doit être traité sans attendre.
- 3. Si le délai raisonnable n'est pas respecté, l'occupant adresse une mise en demeure au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, l'invitant à agir.
Le contrat d'entretien annuel
Pour éviter les pannes à répétition, la copropriété peut souscrire un contrat de maintenance avec une entreprise spécialisée. Il couvre en général une ou deux visites par an, le remplacement des petites pièces et parfois un forfait de dépannage. C'est la solution recommandée dès qu'un immeuble compte plusieurs dizaines de logements. Ce contrat se vote à la majorité de l'article 24 et doit être tracé dans le carnet d'entretien de la copropriété.
Bon réflexe
Conservez la référence exacte du modèle de platine et des combinés, la date d'installation, le nom de l'installateur et les coordonnées du mainteneur. En cas de panne, le remplacement d'une pièce compatible est bien plus rapide et évite de refaire toute l'installation.
Visiophone et vie privée : que dit la CNIL ?
Un visiophone filme la personne qui se présente à la porte. Tant que la caméra ne cadre que la zone strictement nécessaire (le pas de la porte, le visiteur qui sonne), il n'y a pas de difficulté particulière. En revanche, dès qu'un dispositif filme au-delà (la voie publique, un hall de circulation, une entrée d'immeuble voisin), il tombe sous les règles de la vidéoprotection et de la CNIL.
- Le champ de la caméra doit être proportionné à la seule finalité de sécurité de l'accès.
- Un simple visiophone qui affiche l'image en direct sans enregistrement est le cas le plus courant et le plus simple.
- Si le système enregistre les images ou filme la voie publique, la copropriété doit informer les personnes (panneau visible) et respecter les règles CNIL sur la durée de conservation.
Accessibilité (PMR) : les règles d'installation
La platine de rue doit rester utilisable par tous, y compris les personnes à mobilité réduite. C'est l'arrêté du 24 décembre 2015 (accessibilité des bâtiments d'habitation collectifs) qui fixe les repères précis à respecter pour les commandes d'accès.
- Boutons et clavier installés à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m du sol.
- Commande située à au moins 0,40 m d'un angle rentrant ou d'un obstacle, pour être atteinte en fauteuil.
- Un signal visuel (et non seulement sonore) confirmant la prise en compte de l'appel, utile aux personnes sourdes ou malentendantes.
Badge Vigik et accès des facteurs
Renouveler l'interphone est aussi l'occasion de repenser les accès. Beaucoup de copropriétés associent l'interphone à un contrôle d'accès Vigik, le standard qui permet aux services (La Poste, EDF-GRDF, pompiers) d'entrer avec un badge sécurisé et à durée limitée, sans clé permanente.
La copropriété doit garantir l'accès des facteurs de La Poste pour la distribution du courrier. Si les boîtes aux lettres sont à l'intérieur, le système d'accès doit être compatible Vigik ou prévoir une solution équivalente. Ce point est à coordonner avec l'aménagement des boîtes aux lettres de la copropriété. Distribuer et gérer les badges des occupants fait aussi partie du travail du syndic.
Foire aux questions
L'interphone est-il une partie commune ou privative ? ▼
Les deux. La platine extérieure, le câblage, l'alimentation et la gâche de la porte du hall sont des parties communes, payées par tous au prorata des tantièmes. Le combiné intérieur situé dans l'appartement et l'étiquette nominative sont des parties privatives, à la charge du copropriétaire du lot. Le règlement de copropriété peut préciser cette répartition.
Faut-il un vote en AG pour changer l'interphone ? ▼
Pas toujours. Un simple dépannage relève de la gestion courante du syndic, sans vote. Le remplacement complet ou l'installation d'un nouveau système (par exemple un visiophone) est une amélioration qui se vote à la majorité absolue de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Si le vote échoue mais recueille au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité simple de l'article 24 est possible immédiatement (article 25-1).
Qui paie le remplacement de l'interphone en copropriété ? ▼
Le remplacement de la partie commune (platine, câblage) est payé par l'ensemble des copropriétaires, réparti au prorata des tantièmes, même pour les lots qui n'ont pas de combiné. Le remplacement du seul combiné intérieur est à la charge du copropriétaire du logement concerné.
Changement de nom ou d'étiquette sur l'interphone : qui paie ? ▼
L'étiquette nominative fait partie de la partie privative du lot : sa mise à jour est à la charge du copropriétaire ou de l'occupant concerné. Si le syndic s'en charge (nouvelle étiquette, reprogrammation du nom sur une platine à défilement électronique), des frais modiques peuvent être facturés au lot demandeur. Un changement de nom simple reste peu coûteux et ne nécessite aucun vote.
Combien coûte un interphone pour un immeuble collectif ? ▼
Comptez environ 1 500 à 3 000 € pour un audiophone, 3 000 à 6 000 € pour un visiophone, et 4 000 à 8 000 € voire plus pour un interphone connecté, pour un petit immeuble. La reprise du câblage peut fortement augmenter la facture. Demandez toujours au moins trois devis détaillés.
Interphone en panne : qui doit le réparer, le locataire ou le propriétaire ? ▼
Pour un logement loué, l'entretien courant et les menues réparations du combiné intérieur incombent au locataire (décret du 26 août 1987 sur les réparations locatives). Le remplacement pour vétusté ou une panne indépendante de l'usage est à la charge du propriétaire bailleur. La panne de la platine commune est prise en charge par la copropriété via le syndic.
Un visiophone est-il autorisé au regard de la vie privée ? ▼
Oui, tant que la caméra ne filme que la zone strictement nécessaire (le visiteur au pas de la porte) et n'enregistre pas les images. Si le dispositif filme la voie publique ou enregistre, il relève des règles de la CNIL : information des personnes par un panneau, champ proportionné à la finalité et durée de conservation limitée.
Peut-on installer un interphone connecté sans fil dans un immeuble ancien ? ▼
Oui. Les solutions sans fil, GSM ou connectées évitent de retirer le câblage existant, ce qui est un vrai atout dans les immeubles anciens sans gaines techniques. Vérifiez la couverture réseau (radio, mobile ou Internet) avant de choisir, car la fiabilité en dépend directement. Un système GSM ou connecté peut fonctionner sans aucun combiné dans les logements.
Gérez le remplacement de votre interphone avec LogicielSyndic
Voter un nouvel interphone, suivre le contrat de maintenance et informer les copropriétaires demandent de la méthode. LogicielSyndic propose (et vous validez) chaque étape :
- Préparation de la résolution d'AG à la bonne majorité (article 25 ou 24) avec les devis joints
- Répartition automatique de la dépense entre les copropriétaires selon les tantièmes
- Suivi du contrat d'entretien et des échéances dans le carnet d'entretien
- Communication et gestion des badges Vigik auprès des occupants
Découvrez comment gérer sereinement votre immeuble avec notre logiciel pour syndic bénévole, ou consultez le glossaire de la copropriété pour clarifier chaque terme.