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Dégât des eaux en copropriété : qui paie, que faire, quelle assurance ?

Fuite, infiltration plafond, terrasse, fissure façade. Ce guide explique la procédure complète, la convention IRSI et le rôle du syndic pour chaque type de sinistre en copropriété.

Guide26 mars 2026 · 15 min de lecture·
LS
Par l'équipe LogicielSyndic

Dégât des eaux en copropriété : qui paie quoi ?

Le dégât des eaux est le sinistre le plus fréquent en copropriété. Chaque année, près d'un million de déclarations sont enregistrées en France. La question centrale est toujours la même : qui est responsable et quel assureur prend en charge les réparations ?

La réponse dépend de l'origine du sinistre et de la distinction entre parties privatives et parties communes.

Parties privatives vs parties communes

Les parties privatives sont les éléments réservés à l'usage exclusif d'un copropriétaire : l'intérieur de l'appartement, les revêtements de sol, la robinetterie, les canalisations situées après le raccordement aux colonnes communes. Les parties communes regroupent tout le reste : toiture, façade, colonnes montantes et descendantes, canalisations principales, terrasses accessibles à tous.

Le règlement de copropriété précise la répartition exacte. En cas de doute, c'est ce document qui fait foi.

Les 6 cas types de dégât des eaux

Origine du sinistreResponsableAssureur concerné
Fuite chez vous (robinet, lave-linge, baignoire)Vous (copropriétaire occupant)Votre assurance habitation
Fuite provenant du voisin (au-dessus ou à côté)Le voisin à l'origine de la fuiteAssurance du voisin (recours possible via IRSI)
Fuite sur canalisation commune (colonne montante)Le syndicat des copropriétairesAssurance multirisque immeuble (MRI)
Infiltration par la toitureLe syndicat des copropriétairesAssurance multirisque immeuble (MRI)
Infiltration par une terrasseLe syndicat (étanchéité = partie commune)Assurance MRI, sauf si défaut d'entretien privatif
Fissure façade causant une infiltrationLe syndicat des copropriétairesAssurance multirisque immeuble (MRI)

Convention IRSI

Pour les sinistres dont le montant est inférieur à 5 000€ HT, la convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) s'applique. Elle simplifie la gestion en désignant un seul assureur gestionnaire, ce qui évite les conflits entre compagnies. Nous détaillons son fonctionnement plus bas.

Que faire en cas de dégât des eaux ? La procédure complète

Réagir vite limite les dommages et accélère l'indemnisation. Voici les 7 étapes à suivre dans l'ordre.

1

Limiter les dégâts

Coupez l'arrivée d'eau si la fuite vient de chez vous. Si elle vient d'un appartement voisin, prévenez le occupant immédiatement. En cas de fuite sur une canalisation commune, alertez le gardien ou le syndic pour qu'il coupe l'eau au niveau de la colonne. Protégez vos meubles et objets de valeur en les éloignant de la zone touchée.

2

Remplir le constat amiable de dégât des eaux

Le constat amiable est un formulaire standardisé (comme pour un accident de voiture). Il doit être rempli et signé par toutes les parties concernées : vous, le voisin responsable et/ou le syndic si les parties communes sont en cause. Chaque partie conserve un exemplaire. Ce document est essentiel pour le traitement du dossier par les assureurs.

3

Déclarer le sinistre à votre assurance

Vous disposez de 5 jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre pour le déclarer à votre assureur (article L. 113-2 du Code des assurances). La déclaration peut se faire en ligne, par téléphone ou par courrier recommandé. Joignez le constat amiable, des photos des dégâts et, si possible, une estimation des dommages.

4

Prévenir le syndic

Même si le sinistre semble ne concerner que des parties privatives, informez toujours le syndic. Il pourra évaluer si des parties communes sont touchées et, le cas échéant, déclarer le sinistre à l'assurance multirisque de l'immeuble. Le syndic joue un rôle de coordination entre les différentes parties et assureurs.

5

Expertise (si montant supérieur à 1 600€ HT)

En dessous de 1 600€ HT, l'assureur gestionnaire (selon la convention IRSI) traite le dossier sans expert. Au-delà, un expert est mandaté pour évaluer les dommages, identifier l'origine de la fuite et chiffrer les réparations. L'expert peut demander une recherche de fuite (détection non destructive ou destructive selon la situation).

6

Travaux de réparation

Les travaux de réparation couvrent deux aspects : la réparation de la cause (colmater la fuite, refaire l'étanchéité) et la remise en état des dommages (peinture, plafond, revêtement de sol). Selon la convention IRSI, la réparation de la cause incombe au responsable du sinistre, tandis que la remise en état est prise en charge par l'assureur gestionnaire.

7

Indemnisation

L'indemnisation est versée par l'assureur gestionnaire. Le délai moyen est de 1 à 3 mois après l'accord sur le montant. Vous pouvez choisir de faire réaliser les travaux par un artisan de votre choix ou accepter une indemnisation en espèces. Attention : la vétusté est généralement déduite (sauf si votre contrat prévoit une garantie « valeur à neuf »).

La convention IRSI expliquée simplement

La convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) est un accord interprofessionnel entre assureurs, en vigueur depuis le 1er juin 2018. Elle remplace l'ancienne convention CIDRE et s'applique à tous les sinistres dégât des eaux et incendie en immeuble collectif dont le montant des dommages immobiliers est inférieur à 5 000€ HT.

Son objectif : accélérer l'indemnisation des victimes en désignant un seul assureur gestionnaire, au lieu de laisser plusieurs assureurs se renvoyer la responsabilité pendant des mois.

Qui gère le sinistre selon le montant ?

Montant des dommagesAssureur gestionnaireExpertise
Moins de 1 600€ HTAssureur du local sinistré (la victime)Pas d'expertise obligatoire
Entre 1 600€ et 5 000€ HTAssureur du local sinistré (la victime)Expertise commune obligatoire
Plus de 5 000€ HTHors convention IRSI, droit communExpertise contradictoire entre assureurs

Assureur gestionnaire vs assureur du responsable

La convention IRSI distingue deux rôles. L'assureur gestionnaire est celui qui indemnise la victime directement. C'est toujours l'assureur du local sinistré (celui qui subit les dégâts). L'assureur du responsable est celui qui, le cas échéant, remboursera l'assureur gestionnaire via un mécanisme de recours forfaitaire.

Concrètement, si votre plafond est abîmé par une fuite venant de l'appartement du dessus, c'est votre propre assureur qui vous indemnise. Il se retournera ensuite contre l'assureur du voisin. Vous n'avez pas à gérer ce recours.

Bon à savoir

La convention IRSI ne s'applique pas si le sinistre est causé par un événement naturel (catastrophe naturelle, tempête) ou par un défaut de construction couvert par la garantie décennale. Dans ces cas, ce sont les assurances spécifiques qui prennent le relais.

Infiltration par la toiture ou la terrasse en copropriété

Les infiltrations d'eau par le plafond en copropriété sont souvent liées à un problème de toiture, de terrasse ou de façade. Ces éléments font partie des parties communes, ce qui détermine qui est responsable.

Infiltration par la toiture

La toiture est une partie commune dans la quasi-totalité des copropriétés. Si une infiltration d'eau au plafond provient de la toiture (tuiles cassées, membrane d'étanchéité défectueuse, gouttière bouchée), c'est le syndicat des copropriétaires qui est responsable. L'assurance multirisque immeuble (MRI) prend en charge les réparations de la toiture et l'indemnisation des dommages causés aux appartements situés en dessous.

Le syndic doit déclarer le sinistre à l'assureur de la copropriété et organiser les travaux de réparation. En cas de fissure au plafond d'un appartement causée par une infiltration depuis la toiture, les frais de remise en état du plafond sont couverts par l'assurance de l'immeuble.

Infiltration par une terrasse : le cas particulier

L'infiltration par une terrasse en copropriété est un cas fréquent et souvent source de litiges. Il faut distinguer deux situations :

  • Terrasse commune : la responsabilité incombe au syndicat des copropriétaires. L'assurance MRI couvre les dommages.
  • Terrasse privative (jouissance exclusive) : c'est le cas le plus complexe. Même si la terrasse est à l'usage exclusif d'un copropriétaire, l'étanchéité de la terrasse reste une partie commune (Cour de cassation, 3e civ., 27 mai 1999). Le revêtement de surface (carrelage, dalles) est privatif, mais la membrane d'étanchéité en dessous appartient à la copropriété.

En cas d'infiltration par une terrasse privative, le syndicat des copropriétaires est responsable si le défaut vient de l'étanchéité (partie commune). Mais si l'infiltration est causée par un défaut d'entretien du revêtement privatif (joints manquants, carrelage cassé non remplacé), la responsabilité peut être partagée, voire retomber sur le copropriétaire ayant la jouissance exclusive.

Étanchéité terrasse privative

La réfection de l'étanchéité d'une terrasse privative doit être votée en assemblée générale puisqu'il s'agit d'une partie commune. Le coût est réparti entre tous les copropriétaires selon les tantièmes, même si la terrasse est à l'usage exclusif d'un seul. Certains règlements de copropriété prévoient cependant une prise en charge différente.

Fissure de façade et infiltration

La façade est une partie commune. Si une fissure de façade provoque une infiltration dans un appartement (humidité sur les murs, moisissures, fissure au plafond), c'est le syndicat des copropriétaires qui est responsable. Les travaux de ravalement et de réparation des fissures relèvent de l'entretien des parties communes et doivent être votés en AG.

En cas d'urgence (infiltration massive mettant en danger la structure ou la santé des occupants), le syndic peut engager des travaux conservatoires sans vote préalable, au titre de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965.

Le rôle du syndic dans un sinistre dégât des eaux

Le syndic est un acteur central dans la gestion des dégâts des eaux en copropriété. Ses obligations sont les mêmes qu'il soit professionnel ou bénévole.

Déclarer le sinistre à l'assurance de la copropriété

Dès qu'un dégât des eaux touche les parties communes ou provient d'une partie commune, le syndic doit déclarer le sinistre à l'assureur multirisque immeuble dans les 5 jours ouvrés. Il transmet le constat amiable, les photos et toute information utile.

Organiser et suivre l'expertise

Le syndic coordonne le passage de l'expert mandaté par l'assureur. Il facilite l'accès aux parties communes et aux locaux techniques. Si une recherche de fuite est nécessaire, c'est le syndic qui mandate l'entreprise de détection (le coût est pris en charge par l'assurance).

Superviser les travaux de réparation

Pour les réparations sur les parties communes (canalisations, toiture, façade, étanchéité terrasse), le syndic demande des devis, organise les travaux et veille à leur bonne exécution. Pour les travaux urgents, il peut engager les dépenses sans vote préalable de l'AG.

Assurer la communication entre les parties

Le syndic fait le lien entre le copropriétaire sinistré, le copropriétaire responsable (le cas échéant), l'assureur de l'immeuble et l'expert. Il informe le conseil syndical de l'évolution du dossier.

Syndic bénévole : mêmes obligations, même rigueur

En syndic bénévole, vous portez la responsabilité de la déclaration et du suivi du sinistre. LogicielSyndic vous aide à centraliser les documents (constat amiable, photos, correspondances avec l'assureur), à suivre les délais et à garder une trace de chaque étape. Vous ne laissez rien passer, même sans expérience en gestion de sinistres.

Questions fréquentes sur les dégâts des eaux en copropriété

Qui est responsable d'un dégât des eaux entre deux appartements ?

Le responsable est le propriétaire du logement d'où provient la fuite. Si la fuite vient d'un robinet mal fermé ou d'un appareil défectueux chez votre voisin du dessus, c'est son assurance habitation qui prend en charge les dommages. En pratique, grâce à la convention IRSI, c'est votre propre assureur qui vous indemnise d'abord, puis se retourne contre l'assureur du voisin. Si la fuite provient d'une canalisation commune (colonne montante entre les deux appartements), c'est le syndicat des copropriétaires qui est responsable.

L'assurance de la copropriété couvre-t-elle les parties privatives ?

L'assurance multirisque immeuble (MRI) couvre en priorité les parties communes. Cependant, si un sinistre ayant pour origine les parties communes (fuite de canalisation commune, infiltration toiture) cause des dommages dans un appartement, l'assurance de la copropriété prend en charge la remise en état des parties privatives touchées. C'est le cas par exemple d'un plafond abîmé par une fuite de toiture. En revanche, si le sinistre provient de vos propres équipements privatifs, c'est votre assurance habitation personnelle qui intervient.

Comment fonctionne la convention IRSI ?

La convention IRSI s'applique aux sinistres dégât des eaux et incendie en immeuble collectif, lorsque le montant des dommages immobiliers est inférieur à 5 000€ HT. Elle désigne un assureur gestionnaire unique (celui du local sinistré) pour traiter le dossier de A à Z. Pour les sinistres de moins de 1 600€ HT, aucune expertise n'est obligatoire. Entre 1 600€ et 5 000€ HT, une expertise commune est réalisée. L'assureur gestionnaire indemnise la victime, puis exerce un recours forfaitaire contre l'assureur du responsable. Cette convention évite que deux ou trois assureurs se renvoient le dossier pendant des mois.

Que faire si le syndic ne déclare pas le sinistre ?

Si le syndic refuse ou tarde à déclarer un sinistre impliquant les parties communes, envoyez-lui une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Rappelez-lui que la déclaration doit être faite dans les 5 jours ouvrés (obligation légale). Si le syndic reste inactif, vous pouvez déclarer le sinistre vous-même auprès de votre propre assureur, qui se chargera des recours. En parallèle, le conseil syndical peut convoquer une AG extraordinaire pour aborder la carence du syndic. La responsabilité personnelle du syndic peut être engagée en cas de préjudice avéré.

Qui paie la franchise en cas de dégât des eaux en copropriété ?

La franchise est à la charge de l'assuré. Si c'est votre assurance habitation qui gère le sinistre, vous payez votre franchise. Si c'est l'assurance multirisque immeuble qui intervient (sinistre d'origine commune), la franchise du contrat MRI est payée par le syndicat des copropriétaires, et donc répartie entre tous les copropriétaires selon les tantièmes. En cas de sinistre causé par un tiers identifié (le voisin), vous pouvez lui réclamer le remboursement de votre franchise. Certains contrats d'assurance incluent une garantie « rachat de franchise » qui prend en charge cette somme.

Gérez vos sinistres sereinement avec LogicielSyndic

En syndic bénévole, la gestion d'un dégât des eaux peut vite devenir un casse-tête administratif. LogicielSyndic centralise tout le suivi :

  • Archivage des constats amiables, photos et correspondances avec l'assureur
  • Suivi des délais de déclaration et d'expertise
  • Communication avec les copropriétaires concernés
  • Suivi des travaux de réparation et des devis

Simplifiez la gestion de votre copropriété

Sinistres, assurance, travaux. Tout est centralisé dans LogicielSyndic.

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